Mon accouchement, ce qu'il s'est vraiment passé, la seconde partie

14 décembre 2019
- 6 minutes de lecture -


✨ Jour 4 ✨
Mardi matin, 08h00 : "Il va falloir que vous preniez un comprimé pour ne pas rendre (à cause de la péridurale). J'avale le comprimé.
08h30 : "Il va falloir vous percer la poche des eaux, Madame." J'avais peur. "Attendez, je me sens pas bien". J'avais l'estomac en vrac et me voilà avec de fortes nausées. Je rends le comprimé et c'est à ce moment là que la poche des eaux s'est rompu naturellement. "Bon ben on aura pas besoin de la percer, dit la sage femme avec humour."

09h00, voici que l'équipe encadrante m'annonce qu'il va falloir réaliser une césarienne en urgence. En effet, le coeur de mon bébé ralentissait et le travail était quasiment arrêté. Nous saurons, par la suite, que le cordon ombilical était enroulé autour de son coup.

Je ne voulais que ma gynécologue, je voulais la voir, j'avais peur. Par chance, elle prenait son poste à 09h00. Elle arrive, je suis rassurée. Elle va réaliser ma césarienne.

On me place sur un brancard et on me sépare de mon mari, très très rapidement. Je vois encore la scène, c'était difficile à vivre. Nous n'avions même pas eu le temps de se dire un mot. Ce fut une séparation déchirante.


09h15 : Me voilà en salle d'opération entourée d'un grand drap vert face à mon visage. Ce drap vert était relevé de façon à ce que je ne puisse pas voir le champ opératoire. Des personnes vêtues de vert arrivent, peux être une sage femme, l'anesthésiste et ma gynécologue.
Mes bras étaient attachés sur des plaques en métal (un peu comme si on était prisonnière, ligotée). Ma position me faisait penser à celle du Christ sur la croix. Oui c'était bien la même.


J'ai pu échanger et rire avec ma gynéco pendant toute l'intervention et ça par contre c'était chouette. Sa voix me rassurait.
En ouvrant mon ventre, elle découvrit mon fils, dans toute sa splendeur.
- Qu'est-ce qu'il est tonique ! me dit-elle en essayant de l'extraire de mon ventre.
- Oui ça ne m'étonne pas et puis la sage femme en haptonomie nous avait prévenue ! lui répondis-je.
- Oh comme il est beau, il a les trait fins !" m'informait-elle.
Il avait le visage tout rond avec le regard intrigué par l'endroit où il se trouvait, avec sa bouche toute ronde.
Une sage femme me le présente 5 quelques secondes, avant de l'emmener réaliser les examens de naissance.
Je n'ai eu droit qu'à un joue contre joue de 5 secondes. Je n'ai pas pu le toucher car mes bras étaient toujours attachés. Ils ne me les libèreront pas tant que mon ventre ne sera pas recousu.
C'était dur. Très dur. On ne m'avait pas prévenue. J'étais surprise. Je me sentais bêtement perdue.
J'ai dû attendre 3 heures avant de le revoir et ça je ne le savais pas.


10h15 : Salle de réveil. On emmène mon lit dans cette salle, avec d'autres patients ayant eu je ne sais quoi. On contrôle ma tension toutes les heures. J'attends. J'attends quoi ? J'attends qu'on vienne m'expliquer la raison de mon attente.

- Vous ne retrouverez pas votre enfant tant que vous ne pouvez pas bouger vos jambes.

J'étais étonnée. Je ne pouvais pas voir mon enfant, je ne pouvais pas avoir son berceau à mes côtés. Il était en salle de naissance avec son papa en peau à peau.
Je me sentais abandonnée et injustement séparée de ma petite famille.

J'étais paralysée du bout des pieds jusqu'au dessous de la poitrine me disant que j'allais rester comme ça ainsi. Les heures passent. Je ne sens toujours pas mes jambes. J'appelle.

- Pouvez-vous me rapporter une photo de mon bébé, que je puisse le regarder pendant ce temps ?
- Oui bien sûr.

L'infirmière rejoint mon mari et mon fils. Elle les prends en photo avec le téléphone de mon mari et vient me la montrer.
Je pensais conserver le téléphone pour contempler la seule chose que je pouvais voir mais on m'a refusé de conserver le téléphone. Elle est repartie rendre le téléphone à mon mari, d'une façon dont la photo n'a jamais été retrouvée.
(Les premières photos de mon fils sont a son 5ème jour. Avant, nous n'avions pas la tête à faire des photos, et j'étais vraiment très mal.)

13h30 : Je sens mes jambes et ma cicatrice me gêne. Je suis encore sous morphine mais je rejoins les miens. J'arrive, comme une étrangère avec un train de retard. Ils se connaissent déjà depuis 3h. C'est dur.
Je m'adapte et je fais la connaissance avec mon fils. C'est le plus beau de tous les bébés.
Mon mari le pose dans mes bras pour que je puisse lui donner enfin sa tétée d'accueil.

Ma cicatrice de césarienne se réveille. Je n'ai plus de morphine mais uniquement des comprimés de paracétamol / ibuprofène. J'ai mal. L'utérus travaille après chaque tétée. C'est trop douloureux.
J'ai mal au ventre et aux tétons. On me donne des coques en plastique pour les tétons. C'est étrange.

Je me sens épuisée à un point que je ne veux voir personne. J'essaie de me remettre sur pieds, de me remettre de ma césarienne mais j'ai trop mal et je suis trop fatiguée. Je me sens faible.
Je n'arrive pas à poser mon bébé dans son berceau, je ne peux pas aller lui faire les soins de nursing, je ne peux pas marcher tellement la douleur est intense.
Mon mari doit m'assister, comme prendre et replacer notre bébé dans son berceau lorsque je le souhaite. Et ça c'est dur parce que je suis dépendante.

Le repos à la maternité n'est pas du tout présent car les auxiliaires ne respectent pas le besoin de silence des jeunes mamans. En effet, elles discutent à haute voix, dans le couloir, devant les portes des chambres.
Le besoin de mon enfant n'a pas été écouté en matière d'alimentation, car les tétées n'étaient pas suffisantes et j'avais trop mal pour continuer. Nous demandions des doses de lait et on nous répondait que ce n'était pas l'heure et qu'il fallait que j'allaite pour le faire patienter or j'étais juste en souffrance et ne pouvais pas donner de tétée à cet instant là.

Un soir, une auxiliaire de puériculture adorable venait me rendre visite. Elle était plus jeune que les autres et me donnait toutes les doses de lait que nous avions besoin. Mais ça n'a duré qu'un jour sur 4. J'ignorai complètement quand nous allions regagner notre appartement.
C'est au bout du 5ème jour que nous sommes rentrés à la maison avec notre bébé.

Nous avions dû continuer les soins avec une sage-femme de notre ville. Mais là, tout à commencé à se compliquer avec la montée de lait hyper douloureuse. J'étais mal dans ma peau avec une forte poitrine au bonnet F moi qui frôle à peine le B. Ils étaient lourds et je devais les tenir lorsque je marchais. J'avais des crevasses et j'ai dû alors tirer mon lait avec un tire lait loué à la pharmacie. J'ai tenu 2 semaines en tout concernant l'allaitement.
Si seulement les complications s'arrêtaient à ça.
Voilà que nous découvrions que la personne administrant les soins à mon fils et moi même est alcoolique. Elle portait mon bébé par les pieds pour le soulever et le poser sur la balance. J'ai dû contacter l'ordre des sages-femmes pour le signaler et elle était déjà connue pour ça.
J'ai dû rechercher une nouvelle sage-femme. Mais là, nous devions continuer les soins au cabinet.
J'avais toujours mal au ventre, je marchais beaucoup mais cela me fatiguais. La gestion des nuits, des biberons, du tirage du lait, des soins à faire à mon bébé était trop intense pour moi. Je n'arrivais pas, j'étais à bout. Ma maman me manquait pour pouvoir m'aider mais j'ai été entourée de ma marraine et de ma tante (soeurs de ma mère) qui venaient me rendre souvent visite, en ce début important de nouvelle vie. Merci.

Voilà la fin de l'histoire de mon accouchement. Sophie.
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